La rive
dérive
arrive sous le mûrier et ses feuilles sombres.
La rivière immobile ouvre un oeil. Marron et translucide.
Passe un pêcheur aux pieds plantés dans la glaise. Vide.
Bredouille. Les poissons dorment aussi.
Et le train, au loin, qui hurle. Qui va on ne sait où.
La rive dérive, l'âme liée aux amarres vertes et glissantes d'un ponton de bois.
Et la barque chavire.
Et l'on rit de guingois.